Ernest & Célestine ratissent le jardin

La maison d’Ernest ? Un copié-collé de la maison de Monique

Gabrielle Vincent : artiste engagée

Gabrielle Vincent est une artiste engagée. Dans ses carnets intimes, elle parle de sa révolte vis à vis de la surexploitation des ressources naturelles et de l’obsession de la rentabilité. En 1983, elle publie « L’œuf » : un conte noir qui dénonce les dérives du capitalisme. Elle écrit :  « J’étais contre ! Contre quoi ? Contre nous, contre notre exploitation, contre l’esprit de rendement… On ne laisse pas en paix le monde paisible de la nature… Il y avait un bel équilibre général et nous, nous avons tout abîmé, il n’y a plus d’espoir… »

Elle chine tout !

Au quotidien, Gabrielle calque son mode de vie sur ses idéaux. Elle déteste le gaspillage et adopte un mode de vie très « écolo ». Elle recycle (ce qui n’était pas si courant qu’aujourd’hui) et elle vit très simplement : elle chine ses meubles, décorations et objets utiles de la maison. Pour ses vêtements et ses meubles, elle court les boutiques de seconde main, les brocantes ou les Petits Riens. Un seul mot d’ordre : ne rien acheter neuf !

Cette thématique du recyclage est abordée dans l’album « La chambre de Joséphine ». Dans cette histoire, Ernest et Célestine aménagent une chambre dans leur maison pour la « tante Joséphine ». Ils récupèrent meubles, literie et décorations dans les poubelles et à la décharge publique.

La maison d’Ernest

L’intérieur modeste (petits meubles en bois, chaises en paille, fauteuil, vaisselle) du décor de la maison d’Ernest et Célestine est pratiquement un « copié-collé » de la propre maison de Gabrielle. Elle s’inspire de son propre mode de vie pour faire vivre ses personnages. La bassine en zinc dans « Ernest et Célestine ont des poux » trône aussi chez elle. Elle s’y lave à l’ancienne,  avec de l’eau qu’elle chauffe sur le gaz. Elle y baigne ses neveux et nièces, en visite chez « tante Nini ». Les mêmes cordes à linge pendent au-dessus du poêle à gaz, séchant après un bon lavage à la main. Et les mêmes paniers en osier, remplis de pommes de terre… Telle est Gabrielle : une « écolo » avant l’heure…